Cy commence le chevalier deliberé compregnantla mort du duc de borgoigne quitrespassa devant nansy en lorraine.
Ainsi que a l'arriere saison Tant de mes jours que de l'annee Je partis hors de ma maison Par une soubdaine achoison Seul a par moy plain de pensee Qui m'acompaigna la journee Et me vint en remembrance Le premier temps de mon enfance
Celle qui moult estoit m'amye Print ung propos de verité Et me dit celuy qui s'oublye Fuit honneur & cy l'ame nuye Je le tiens pour desherité Soit d'avoir ou de la santé Du despoir de grace divine Que chacun n'est pas d'avoir digne
Tu vois pour la saison passee Arbres terre & tout herbage L'un tout vert l'autre sans ramee Fleur & odeur toute est cassee Plus n'est fueille ne fruit n'ombrage Tout tend a froideur & a neige Tout est nect sans nulle vigueur Et n'est plus seye ne chaleur
Ainsi est de toy clerement Qui le prin temps de ton enfance As despendu entierement Et jeunesse pareillement Mis tes euvres en deffaillance Et si n'a pas telle esperance Que ont les arbres pour reverdir Car jamais ne peux revenir
Dois je oublyer ou que soye Ce traicté qui tant point & mort Que fist ayme de montgesoye Plus riche que d'or ne de soye Au merveilleux pas de la mort Sçavoir fault qui est le plus fort De toy/ accidant ou debile Chacun d'eulx en a tué mille
Ces deux chevaliers trescrueux En la grant forest attroppos Tiennent le pas trop perilleux Treshorrible tresmerveilleux Sans avoir jour ne nuyt repos Et continuant leur propos De tant combatre & de ferir Qu'ilz feront tout homme mourir
Messire accidant le terrible Fournit les jeunes & les fors Et debile le treshorrible Met a fin par coups