Note du transcripteur
Pour plus de détails sur la vie et les oeuvres de Cartier, le lecteuraura avantage à consulter ses écrits:
http://www.gutenberg.org/etext/12356
L'auteur revoie, occasionnellement, à ses autres publications. Uncertain nombre d'entre elles a déjà été publié par PJ:
http://www.gutenberg.org/browse/languages/fr
CHEVALIER H. Emile
D'autres sont en cours de préparation (Juin 2006).
PARIS
LEBIGRE-DUQUESNE, LIBRAIRE-ÉDITEUR
RUE HAUTEFEUILLE, 16
A M. LE Dr. A. GUÉRIN
CHIRURGIEN DE L'HÔPITAL SAINT-LOUIS
La dédicace de ce livre, mon cher docteur, vous revientde droit. Ce m'est un plaisir autant qu'un honneuret un devoir de vous l'offrir. Esprit initiateur, distinguénon-seulement parmi les plus distingués de votre nobleprofession, mais encore parmi ceux qu'on estime dansles sciences, les arts et les lettres; membre du conseilgénéral d'un des principaux départements de la vieilleet glorieuse Bretagne, Breton vous-même, vous ne refuserezpas à mon héros, à votre compatriote, Jacques Cartier,la faveur que je revendique pour lui.
Laissez-moi, mon cher docteur, rappeler ce que j'endisais, il y a quelques mois 1:
«Saluez avec moi, saluez, je ne dirai pas le premier découvreur,mais le premier colonisateur français,—un Breton,homme du forte souche, de coeur haut et droit,—qui aitbaisé la terre d'Amérique!
«Jacques Cartier! l'une de nos illustrations. Ah! le motest chétif: un de nos génies, devrais-je dire. Et, pas unestatue ne lui a été érigée chez nous! A lui pas un monument,pas une inscription, un symbole de la reconnaissancegénérale! O Athéniens! Athéniens! En France, il ne se trouvepeut-être pas cent mille personnes sachant qu'il a existé unJacques Cartier!
«Un jour, je me pris du pieux désir d'aller visiter laville natale de ce hardi marin, à qui nous dûmes la moitiéde l'Amérique. Je m'attendais à ce que là au moins, à Saint-Malo,je rencontrerais quelque chose, un buste, un morceaude pierre à l'angle d'une rue, un signe qui me rappelâtnotre Jacques Cartier 2, lui que connaissent, que vénèrentles plus ignorants des Canadiens-Français, à qui tous ontélevé un autel dans leur coeur; lui dont j'avais vu le portrait,le nom, en vingt endroits, dans les édifices publics, sur lesplaces, les routes, les navires, soit à Montréal, soit à Québec.Et a Saint-Malo rien! je n'ai rien trouvé!... Si..... Dans lacour d'une auberge, vous apercevrez une misérable effigie deplâtre, qui se dégrade et demain tombera en poussière.....Athéniens! Athéniens!
Note 2: (retour)De vrai, les édilités de Saint-Malo et de Saint-Servan ont,depuis quelques années, donné son nom à deux rue.
«Et cette cour d'auberge, qu'est-ce encore? La cour del'ancien hôtel de Chateaubriand 3!
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