L'auteur et les éditeurs déclarent réserver leurs droits de traductionet de reproduction en France et dans tous les pays étrangers, ycompris la Suède et la Norvège.
Ce volume a été déposé au ministère de l'Intérieur (section de lalibrairie) en juin 1900.
PARIS, TYP. PLON-NOURRIT ET Cie, 8, RUE GARANCIÈRE.—1230.
PUBLIÉS AVEC UNE PRÉFACE ET DES NOTES
PAR
ÉMILE JOBBÉ-DUVAL
PROFESSEUR À LA FACULTÉ DE DROIT DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS

PARIS
LIBRAIRIE PLON
PLON-NOURRIT et Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS
RUE GARANCIÈRE, 8
1900
Tous droits réservés
De nombreuses générations de marins ont, au cours de ce siècle, étudiéles livres du vaillant officier, dont nous publions aujourd'hui lesMémoires. Doué d'un esprit méthodique et clair, il publiait, dès1824, le premier volume des Séances nautiques ou Traité du navire àla mer, suivi plus tard du Traité du navire dans le port, etapprenait ainsi les éléments de l'art du marin aux jeunes gensdésireux d'exercer cette noble profession et que n'avaient pasdécouragés les revers.
Plus tard, lorsque les aspirants de la Restauration occupaient déjàdans leur Corps un rang élevé, il s'associait son gendre, le capitainede vaisseau Pâris, mort, en 1893, vice-amiral et membre de l'Institut,et dont on n'a pas oublié la belle et originale figure. De la fécondecollaboration de ces deux hommes distingués sortait, en 1848, leDictionnaire de la marine à voile et de la marine à vapeur[1],œuvre considérable, dont le succès dura longtemps et qui exerça une(p. VI) influence de premier ordre sur l'histoire des sciencesnautiques dans notre pays.
Ce n'était pas seulement comme écrivain que les officiers de la Marinefrançaise connaissaient M. de Bonnefoux. À la Compagnie des Élèves deRochefort, au Collège royal de Marine d'Angoulême, à l'École navale deBrest, beaucoup d'entre eux avaient apprécié, par eux-mêmes, son tact,sa connaissance des hommes, ses qualités d'éducateur.
Pendant sa laborieuse retraite, l'ancien commandant de l'Orionpouvait donc jeter un regard tranquille sur sa vie déjà longue, richeen œuvres et en services rendus au pays. Néanmoins il ne laconsidérait pas sans quelque amertume. Car la disproportion étaitgrande entre le rêve de gloire de la jeunesse et les résultats del'âge mûr. M. de Bonnefoux appartenait en effet à la génération dessous-lieutenants qui commencèrent l'épopée impériale, et il ne tintqu'à lui de suivre Bernadotte comme aide de camp. Il ne voulut pasrompre les liens qui l'unissaient à la Marine; mais il espérait unavenir de combats et de triomphes. Entouré de jeunes aspirantsinstruits comme lui, comme lui pleins d'ardeur et de patriotisme, ilne doutait pas des destinées de la Marine française. Les faitssemblèr